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Bruno Mingeon : "Il n'y a pas de miracle"

Le 25/02/2006

Chaque jour, Franceolympique.com recueille les propos de Bruno Mingeon, porte-drapeau et capitaine de l'équipe de France olympique à Turin. Vendredi, la compétition de bob à quatre a démarré, et l'équipage français a terminé à la 18e place à l'issue des deux premières manches. Une place qui déçoit évidemment Bruno. Il constate un manque d'adaptation entre son pilotage et son matériel.

"Je suis très déçu. Ce soir, nous sommes 18èmes. Je fais quelques erreurs de pilotage dans la première manche, beaucoup moins dans la seconde, mais ça ne se ressent pas au niveau du chrono. Nous avons un problème en milieu de piste. Soit de matériel, soit de ligne, toujours est-il que le bob s'arrête. Je veux dire, il n'accélère pas.

Nous avons pourtant les mêmes vitesses de pointe que les autres. En fait, soit on tient la bonne ligne d'un bout à l'autre de la piste et on accélère constamment, soit on «s'arrête» et on ne reprend pas de vitesse. Je n'ai jamais trouvé la solution sur cette piste. Je lâche au moins 2/10e à partir de cet endroit. Ce qui est étonnant, c'est que je n'ai pas l'impression de faire de grosse faute. Notre bob a été conçu spécialement pour les Jeux, et je n'ai pas su l'adapter à mon pilotage.

On l'avait conçu pour tenir des lignes basses, ce qu'on doit faire pour aller vite à Cesana Pariol, mais j'ai n'ai pas le feeling avec. 18e, ce n'est pas ma place. C'est le sport. Ce résultat montre bien que je n'ai pas cet engin en mains. Je n'ai jamais réussi un « top 10 » depuis que nous courrons avec. Nous le croyions performant, il l'est sans doute, mais il n'est pas adapté à mon pilotage. Ou l'inverse. Des fois, je pilote trop, des fois pas assez.

C'est une grosse déception, par rapport à tous les sacrifices, toute la préparation. Nous ne sommes pas récompensés. Et il n'y aura pas de miracle. On ne peut pas espérer un »Top 10 » avec la saison pourrie que nous avons faite. Nous sommes arrivés à Cesana avec des doutes, nous pensions que nous arriverions à régler les problèmes. Et voilà.

En dehors de mon cas personnel, je suis évidemment très déçu pour Jean-Pierre Vidal. Je sais qu'il était très bien préparé. Je sais qu'il a plein de projets pour sa nouvelle vie et espère qu'il va vite se remettre de cette blessure.
J'ai aussi une pensée pour Ingrid Jacquemod, rien n'a marché pour elle. Je suis un peu dans le même cas, c'est difficile de ne pas avoir de résultat quand on s'est tant préparé. Mais Ingrid est encore jeune, et dans 3 ans, elle aura des championnats du monde chez elle, à Val d'Isère.

Demain, je suis sûr que les slalomeurs, Stéphane, Pierrick, Jean-Baptiste, vont se lancer et se faire plaisir. J'espère aussi que pour les deux départs groupés en biathlon, les Français iront à bloc. N'oublions pas l'objectif dont je parlais déjà hier : dépasser notre record de 11 médailles à Salt Lake City."