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Vincent Defrasne champion olympique

Le 18/02/2006

De la régularité, de la rapidité, un coup de rein extraordinaire à 300m de l'arrivée pour battre le quadruple champion olympique de Salt Lake City 2002, Ole Einar Björndalen : Vincent Defrasne est devenu champion olympique du 10 km poursuite samedi à San Sicario. Après les Jeux d'Albertville 1992, et la victoire d'Anne Briand/Véronique Claudel/Corinne Niogret dans le relais 3x7,5km, et avant le jeudi 16 février 2006, la France n'avait jamais obtenu de titre olympique individuel en biathlon. Florence Baverel-Robert (en sprint) est devenue la première, et Vincent Defrasne le premier.

Le résultat du 10km sprint disputé mardi avait laissé Defrasne 5e à 42'"6 du vainqueur, l'Allemand Sven Fischer. Raphaël Poirée occupait la 9e place à 1'07", Ole Einar Björdndalen la 12e à 1'13".

Le match Defrasne-Björndalen

Le début de la poursuite, samedi, est dominé par les Norvégiens Halvard Hannevold et Frode Andersen, Sven Fischer commettant deux fautes sur le premier tir couché. Auteur lui aussi d'un 4 sur 4 d'entrée, Vincent Defrasne s'accroche, grignote du terrain petit à petit, et va profiter des erreurs de ses adversaires. Alors qu'il réalise deux nouveaux sans-faute, sur le 2e 'couché' et le premier 'debout', Andresen et Hannevold craquent, 3 tours de pénalité chacun. Dans le même temps, après deux fautes au premier tir, Raphaël Poirée est victime d'un bris de fixation et doit abandonner. Après le 3e tir, Vincent Defrasne prend la tête de la course.

Malgré deux tours de pénalité effectués sur les 2e et 3e pas de tir, Ole Einar Björndalen revient. Defrasne ajuste sa carabine face aux dernières cibles quand le Norvégien arrive. La pression est énorme : Defrasne fait deux fautes, Bjorndalen une.

Le Français ressort des deux boucles de pénalité 6 secondes devant le quadruple champion olympique norvégien. Ils parcourent le dernier kilomètre ensemble, Björndalen passe devant, Defrasne s'accroche. Dans le dernier virage, le Jurassien de 28 ans à l'attaque manque de tomber, il percute son adversaire, son ski gauche décroche, il perd quelques mètres, mais revient dans la ligne droite, s'arrache, et dépose son rival à 300m de la ligne pour la franchir bras levés en hurlant de joie. Bjordalen a lâché prise et termine à 2''7. Sven Fischer, 4 tours de pénalité en tout, termine 3e à 27 secondes.

L'encadrement et les supporters français, présents en nombre, envahissent l'air d'arrivée, Vincent Defrasne est submergé. «Tout le monde me saute dessus, je suis vraiment content. C'est fabuleux pour moi et pour toute l'équipe. Ce matin j'étais seul au départ mais en fait c'est toute l'équipe qui était avec moi. Ce matin j'étais prêt à tout donner, je me sentais au mieux de ma forme. A la fin de la course, quand j'étais à la bagarre avec Björndalen, je voulais le battre et je savais que je pouvais le faire»

Vincent Defrasne, médaille de bronze en relais aux Jeux de Salt Lake 2002, champion du monde dans la même discipline en 2001, a remporté sa première victoire en Coupe du Monde, le sprint à Oberhof, le 7 janvier dernier.
Samedi à San Sicario, il est entré dans l'histoire.

Le bonheur de toute l'équipe de France

Pour Jean-Pierre Amat, champion olympique de tir 1996 devenu entraîneur des biathlètes : «Juste avant l'arrivée, on s'est dit: 'Non pas ça!'. Mais Vincent ne s'est pas démonté. Cette médaille, c'est la cerise sur le gâteau. Il vole sur les skis. On peut encore espérer quelque chose.»

Pour Jean-Paul Giachino, entraîneur des garçons : «C'est vrai qu'il a manqué deux balles dans le dernier tir. Mais quand on est dans une compétition comme ça, aux Jeux, quand on s'installe à la dernière cible pour le dernier tir, c'est encore plus difficile... Il s'en est pas mal sorti, il a fait l'un des meilleurs tirs de la compétition. C'est énorme ce qu'il a fait. Il y a beaucoup d'émotions dans mes mots, c'est normal. Je savais qu'il pouvait le faire. Mais de là à le faire, c'était autre chose ! C'est une super journée pour le biathlon français. Deux médailles d'or: quoi qu'il arrive maintenant nos Jeux sont réussis.»

Pour Christian Dumont, patron de l'équipe de France de biathlon, : «Je savais qu'il allait faire quelque chose. Quelle classe. Le patron, c'était lui aujourd'hui. Il est phé-no-mé-nal ! Il y a trop d'émotions. Ce matin, on a connu une petit déception avec les filles. Là ça remet tout le monde d'accord, c'est très bien.»

La déception pour les filles, c'est le résultat du matin en poursuite 10 km, Florence Baverel-Robert, championne olympique du sprint, 13e avec quatre erreurs, Sandrine Bailly, dans le coup jusqu'au dernier tir, commet deux fautes et finit 12e, Delphyne Peretto 26e, Sylvie Becaert 34e.

«Vincent a été super fort. Il n'a pas baissé les bras. C'est quelqu'un de génial, c'est une crème. Dans le groupe, je m'entends très bien avec lui. Il le mérite vraiment ce titre. Je savais qu'il pouvait le faire un jour. Il s'est vengé de toutes les fois où Björndalen a pu le doubler dans les derniers tours. On était à la radio avec les entraîneurs, on a appris ça au 'bigophone'. Cela va 'booster' tout le groupe. Je suis contente que ça lui ait souri», affirme Sandrine Bailly.

«Je suis contente, je ne suis plus toute seule, ça sera plus facile maintenant (rires). Ce qu'il a fait à la fin, avec Björndalen, c'est vraiment fort. Chapeau. Moi je n'ai pas pu ressentir ça, j'étais toute seule à la fin, la course que j'ai gagnée ne se passe pas du tout de la même façon. C'est vraiment un grand champion», s'exclame Florence Baverel-Robert.

Le biathlon français peut espérer d'autres bonheurs avec les épreuves restant au programme : le relais 4x7,5 km hommes le 21, le relais 4x6 km femmes le 23, les 15 km hommes et 12,5 km dames mass start (départ groupé) le 25 février.