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Brian Joubert, de Lyon à Turin

Le 09/01/2006

L'heure des grands défis de 2006 se rapproche pour Brian Joubert, ils vont même se succéder en très peu de temps, avec les championnats d'Europe à Lyon du 14 au 22 janvier et la compétition olympique au Palavela de Turin dont le dénouement aura lieu le 16 février. Ses objectifs ? Dominer à Lyon ses deux principaux adversaires, le Suisse Stéphane Lambiel et le Russe Evgueni Plushenko, redevenir champion d'Europe, et dans la foulée, arriver aux Jeux avec le plein de confiance et bien sûr, monter sur le podium !

«Ma préparation se passe très bien» dit Brian Joubert, début janvier, au sortir d'un nouvel entraînement dans sa patinoire fétiche de Poitiers. «Depuis les championnats de France» (qu'il avait remportés tout en se blessant au dos), «j'ai changé de patins, et je travaille beaucoup mon programme libre, sur le thème de "Lord of the Dance", la comédie musciale de Mickael Flatley. «Concernant ce lumbago aigu après ma chute lors des "France" en décembre, c'est oublié, je suis en pleine forme». Juste un petit retard dans sa préparation.

Chaque chose en son temps, Brian prépare les championnats d'Europe, «une répétition générale avant les Jeux. Mais c'est une compétition très importante pour moi. Cela va me permette de voir où en sont mes principaux adversaires, le champion du monde Stéphane Lambiel, et le champion d'Europe Evgueni Plushenko, de voir aussi où j'en suis personnellement. Je veux reconquérir le titre continental». Ce titre qu'il avait remporté à Budapest en février 2004 devant Plushenko, devenant la même année vice-champion du monde à Dortmund derrière le Russe, qui le domina à nouveau l'année suivante sur la glace du Palavela de Turin, où les "Europe" avaient été organisés à 12 mois de Jeux. Stéphane Lambiel, pour sa part, remporta les championnats du monde 2005 à Moscou où Brian se classa 6e alors que Plushenko avait déclaré forfait.

«Si je peux battre mes adversaires juste avant les Jeux, ce sera bon pour la confiance» explique Brian Joubert. «A partir du moment où on se sent prêt, la difficulté principale, c'est le mental. Il va falloir gérer le stress. Depuis cet été, mon programme a subi plusieurs modifications : le placement des sauts, les transitions, les petits pas, dans l'objectif de gagner des points». Son équipe s'emploie à le faire progresser. «Elle est constituée d'Andrei Berezintsev, mon nouvel entraîneur depuis juillet dernier, avec qui je fais un très bon boulot, de Nicolaï Morozov, mon chorégraphe depuis 2003, qui capte très bien mon style, de Lucinda Ruh qui me fait travailler les pirouettes, et de Didier Gailhaguet, mon conseiller et manager, qui gère mes programmes d'entraînement».

«La prise de risques pas assez payée»

Que faut-il encore améliorer pour plaire aux juges ? «Techniquement, je suis bien. Artistiquement, il faut savoir se vendre. Le nouveau système de jugement favorise l'artistique et ne met pas assez en valeur les sauts. Certes, si on réussit des quadruples, cela rapporte des points, mais à mon sens, ce n'est pas assez bien payé par rapport à la prise de risques. Alors je travaille la chorégraphie en musique, je fais tout pour pouvoir m'exprimer, me libérer le jour de la compétition». En commençant par le programme court sur le thème de James Bond.

Et il sera l'heure pour Brian de disputer ses deuxièmes Jeux Olympiques. «A Salt Lake City en 2002, j'avais 17 ans, je ne me battais pas pour une médaille, mais j'ai pu voir que tout était différent. Les Jeux, c'est plus de tout. Plus de public, plus de presse, plus d'enjeux. C'est une autre dimension».
En parlant de dimensions... «La patinoire de Salt Lake était trop grande, on ne sentait pas le public qui était trop loin de la glace. Le Palavela, en revanche, c'est parfait. Je sens bien cette arène. On peut communiquer avec les gens dans les gradins et si on est en mesure de leur faire passer de l'émotion, cela peut influencer positivement les juges. Quand le public vous encourage, quand on capte son énergie, on oublie la fatigue, on s'éclate».

Finalement, pour Brian Joubert, le secret du succès est tout simple. «Le patin, c'est ma passion. Je fais ce sport pour prendre du plaisir. Il faut avant tout s'amuser, et tout se passe bien».

Lambiel et ses quatre saisons de Vivaldi ? Plushenko et son Parrain déjà bien rôdé ? Joubert et son "Seigneur de la danse" ? Rendez-vous à Lyon pour une première réponse...