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Gérard Rougier : l'esprit d'équipe

Le 18/11/2005

Les Jeux sont... presque faits pour le patron du ski français, Gérard Rougier. A l'heure du début des compétitions sur le circuit hivernal 2005-2006 dans l'ensemble des disciplines, «Tout le travail est accompli et maintenant, place aux différentes Coupes du monde. Il nous reste à suivre les résultats de près, éventuellement voir ce qu'il y a à rectifier, et je l'espère, être confortés dans l'idée que nous avons vu juste».

Impulsé par le DTN, le projet «Turin 2006 » a nécessité la totale adhésion des cadres et athlètes depuis un an. «L'objectif, c'est depuis le départ être présents et performants aux Jeux, explique Gérard Rougier, en commençant par insuffler l'esprit «Equipe de France Olympique» à tous, ou plutôt, «une fédération, une équipe», briser les cloisons, impliquer tout le monde comme nous l'avons fait cet automne à Tignes lors d'un stage où tous nos athlètes étaient présents, se sont motivés entre eux pour arriver dans le Piémont le couteau entre les dents, soudés, décidés à réussir. Il n'y a plus de clivage entre les différentes disciplines».

Quoiqu'il le déplore, considérant que le potentiel de médailles est également réparti dans pratiquement toutes les disciplines de sa fédération, Gérard Rougier sait bien que les projecteurs se braquent généralement sur le ski alpin, que la réussite est jugée à l'aune des ses résultats. Dans ce secteur, un gros travail a été fait. Explications : «Nous avons voulu refondre la philosophie de l'alpin, casser les groupes. Plus de groupe «vitesse», «technique», «hommes», «femmes» mais de la polyvalence, dans l'esprit de ce qu'est devenu le ski moderne et où nous avions pris du retard. Les entraîneurs et les athlètes ont pleinement adhéré. Les descendeurs vers le géant, la technique, les slalomeurs vers la vitesse. Avec un message : «tendez vers la polyvalence pour adapter le ski français au ski mondial, ayez cette ouverture d'esprit».
L'adaptation de chacun à la diversité des techniques ne peut que faire progresser nos athlètes. Nous avons organisé les choses pour qu'ils ne puissent pas se dire «ah, si on avait fait ça !», mais au contraire, qu'ils soient conscients que les choix ont été les bons et qu'ils seront performants grâce à ce travail
».
Le DTN espère ainsi que l'état de confiance qui régnait à Salt Lake City (10 médailles pour le ski français, dont quatre pour l'alpin) sera retrouvé quatre ans plus tard dans le Piémont.

Dans les sports nordiques la problématique est différente. «Il ne faudrait pas que des champions comme Raphaël Poirée, Sandrine Bailly, Vincent Vittoz, qui comptent dans leurs spécialités respectives parmi les meilleurs mondiaux, arrivent trop confiants aux Jeux. Mais l'avantage des «nordiques », c'est qu'ils ne se prennent pas la tête ».
Reste le saut et le combiné nordique où Gérard Rougier constate «Nous ne sommes pas prêts. Il ya un trou générationnel, mais nous emmènerons des jeunes en combiné nordique dans la perspective 2010».
En surf des neiges, où les Français peuvent briguer des podiums dans chacune des trois épreuves au programme olympique, «nous avons mis en place un «staff», un encadrement national, tournant le dos au système précédent fait de groupes liés à un entraîneur. Nous avons recruté un entraîneur spécifique pour le snowboard-cross, une épreuve aussi technique que tactique».


Sandrine Bailly
Sandrine Bailly
«de 10 à 15 médailles»

En terme d'objectif de médailles, l'équation est simple. «Je ne suis pas devin! Mais de toutes façons, pas question de faire moins bien qu'à Salt Lake City ! Soit de 10 à 15 médailles. En biathlon, nous en avons 10 à prendre, et un véritable potentiel se situant autour de 5 avec Raphaël Poirée, Sandrine Bailly, Florence Baverel, Vincent Defrasne en individuel comme en relais.
En snowboard, avec Isabelle Blanc, Karine Ruby, Julie Pomagalski, Xavier De Le Rue, Doriane Vidal, Nicolas Huet, Mathieu Bozzetto je n'imagine pas moins de trois médailles. En ski de fond, nous comptons évidemment beaucoup sur notre champion du monde Vincent Vittoz.
En ski alpin, les Carole Montillet, Ingrid Jacquemod, Laure Péquegnot, Frédéric Covili, Jean-Pierre Vidal, Antoine Dénériaz, Joel Chenal, Pierrick Bourgeat peuvent faire de grandes choses si tout se passe bien et au minimum, nous offrir deux podiums».


Tout passera sans doute par «L'enclenchement d'une spirale positive», exactement comme il y a quatre ans dans l'Utah. En regardant le calendrier, les possibilités de démarrage en fanfare sont réelles avec d'entrée, le 20km messieurs en biathlon (Raphaël Poirée) et le half pipe féminin (Doriane Vidal).

A Turin, pour Gérard Rougier, «Ce sera la fin d'une génération exceptionnelle, qui tient le haut du pavé depuis plus de 10 ans. La meilleure génération de l'histoire en France, tous sports de neige confondus. Des carrières fantastiques». Autant de leaders «qui doivent réussir à Turin pour aspirer la nouvelle génération, pour donner la capacité aux jeunes de se projeter sur 2010. L'avenir passe par des bons résultats dans les montagnes piémontaises. Et il faudra nous juger comme l'équipe de France de ski, tous sports confondus, tous égaux».