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Maxime Chataignier, fine lame

Le 30/01/2006

Photo L.Grigord
Photo L.Grigord
Disputer les Jeux à 17 ans... c'est rare, et c'est ce qui va arriver à Maxime Chataignier, nouveau petit prodige du short track français, et qui sera, avec Véronique Pierron (dans la même équipe !) le benjamin de l'équipe de France olympique à Turin. «Je suis très fier de participer à ce grand rendez-vous. C'est un rêve que je ne pensais pas réaliser si vite ! C'est beaucoup de bonheur» s'exclame-t-il.

Le patineur dijonais, né le 15 septembre 1988, n'est pas un novice au plus haut niveau mondial. « J'ai "explosé" en début de saison dernière» explique-t-il. «La première fois que j'ai été intégré à l'équipe de France senior, c'était pour disputer des épreuves de Coupe du monde en Chine, en octobre 2004 à Harbin et à Pékin. Je n'étais pas très content de ce que j'y avais réalisé, mais mon coach, Christian Liabot, était pour sa part satisfait de mes prestations, il voyait déjà mon avenir, soulignait ma capacité à me glisser dans les petits trous grâce à mon gabarit ».
Des petits trous? C'est tout le sel du short track, cette discipline où l'on doit allier explosivité, finesse et intelligence tactique, dépasser au millimètre dans une forêt de bras et de jambes, sous peine de s'attirer les foudres des juges et de se retrouver disqualifié

Champion du monde junior du 1000m, le 6/01/2006
Champion du monde junior du 1000m, le 6/01/2006
Cette saison, après s'être qualifié pour les Jeux sur 1000m et 1500m lors des étapes de Coupe du Monde de Bormio et de La Haye en novembre, Maxime Chataignier est devenu champion du monde juniors du 1000m et du relais 2.000m (avec Jérémy Masson et Xavier Chapentier), 3e de la «super finale» sur 1500m et 2e du classement général de la compétition, à Miercurea Ciuc (Roumanie) début janvier.

Il a enchaîné sur les championnats d'Europe seniors à Krynica Zdroj (Pologne) où en individuel, les choses se sont moins bien passées. «Je n'ai pas eu de chance les deux premiers jours. D'abord, on a perdu mes bagages, il y avait dedans tout mon matériel. Je n'ai pas pu m'entraîner, et ils me sont finalement parvenus à peine 2 heures avant la première compétition ! En séries, sur 1500m, vu que je suis un petit gabarit, un "gros" m'a fait voler en éclats en séries. Et les juges ne m'ont pas repêché. Sur 500m, la glace était dans un état horrible, j'ai chuté en prenant de la vitesse. Sur 1000m, tout s'est bien passé jusqu'à la finale, où j'ai cassé un carre et terminé 4e. Enfin, nous avons avec Thibaut Fauconnet, Mathieu De Boisset et Jean-Charles Mattei terminé 2e du relais 3000m derrière les Italiens».
Le meilleur résultat... qui peut donner de gros regrets aux Français. «Nous ne sommes pas qualifiés pour les Jeux. A cause d'une chute en séries à Bormio, la course d'un jour qui délivrait le quota. Nous étions pourtant très forts. C'est vraiment dommage que nous ne puissions pas défendre nos chances à Turin!».
En tout cas Maxime, se dit «qu'avec tous ces imprévus», il accumule de l'expérience qui ne peut que le rendre plus fort.

"L'euphorie qui gagne quand on est à fond"

Main sur la glace en pleine bagarre (casque 125)
Main sur la glace en pleine bagarre (casque 125)
Sa carrière de patineur de vitesse sur piste courte a démarré tout simplement. «Mon frère Baptiste, de trois ans mon aîné, pratiquait le short track et je l'ai suivi». La passion s'en est mêlée. «J'adore les sensations que procurent ce sport. La prise de carre, les angles, la vitesse, le mano à mano, l'euphorie qui gagne quand on est à fond. J'adore dépasser, faire des extérieurs car c'est plus dur à réaliser. Je suis fier de moi quand j'y arrive. Ou alors passer deux concurrents à pleine vitesse. C'est une sensation très spéciale. Je n'aurais jamais fait de "patinage de vitesse grande piste", car j'aime le contact, la bagarre. J'aime patiner de façon spectaculaire et la variété procurée par les différentes distances. Par exemple, sur 500m, le plus explosif et le plus agile s'impose. Il faut mêler l'intelligence, l'agilité et bien sûr, les qualités physiques».

Avec 1,65m pour 62kg, Maxime possède cette agilité qui lui permet de se faufiler vers les premières places... en finesse. Sur quelle distance s'attend-il à briller à Turin ? «Je pensais que j'étais meilleur sur 1500m, mais ça a bien marché avec le 1000m cet hiver. J'ai fait deux finales en Coupe du Monde cette saison, alors aux Jeux, mon objectif est d'aller jusqu'en finale sur mes deux distances. Je ne veux pas pour autant me mettre trop de pression».

Maxime, en 2e année de BEP «carrière sanitaire et sociale», (ses parents sont boulangers), est un fou de sport. «Je fais beaucoup de BMX. J'adore tous les sports extrêmes. J'aime beaucoup le snowboard. Je connais bien Sophie Rodriguez, qui a mon âge et va aussi participer aux Jeux». il n'est pas isolé à Dijon, où s'entraînent plusieurs membres de l'équipe de France, dont la chef de file féminine, Stéphanie Bouvier. «La ville vient d'organiser une petite réception en notre honneur, c'était très sympa. Tout le monde était heureux d'avoir des dijonnais sélectionnés olympiques». Tout le monde, et en premier lieu, sa famille. «Ils viendront tous à Turin pour me soutenir.». La boulangerie sera fermée !

Aujourd'hui, Maxime Chataignier est en stage avec l'équipe de France à Albervtille. Entraînement intensif avant de prendre la direction du Piémont. Rendez-vous Dès le 12 février au Palavela de Turin pour le 1500m. A fond!





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