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Gros plan : Joël Besson

Le 28/11/2005

Aujourd'hui responsable de la logistique et du matériel à la fédération française de ski, Joël Besson a aussi été le directeur du biathlon puis le patron du ski nordique. Il a vu éclore et a accompagné la génération montée en puissance ces dernières années. Entretien, Récit d'un parcours de cadre entièrement dédié à la neige.

Franceolympique.com : Quel a été votre parcours ?
Joël Besson : Après avoir été en équipe de France Juniors de ski de fond, professeur d'EPS, puis avoir obtenu un poste de conseiller départemental Jeunesse et Sports (Haute Savoie) pour le ski nordique avec des missions d'entraînement d'équipes régionales, j'ai «intégré» la fédération française comme cadre technique en charge du secteur formation des cadres bénévoles. Je suis également intervenu dans la mise en place et le suivi de la formation des professeurs de sport et des brevetés d'état de ski nordique.

Puis vous avez pris en charge l'équipe de France de Biathlon.
Oui, au printemps 1997. Il y a eu ensuite le fiasco des Jeux de Nagano. Il a fallu réorganiser totalement le biathlon, le faire évoluer. Organiser des sites sur tout le territoire, mettre en place des filières de détection.
Nous avions déjà Corinne Niogret, Florence Baverel , Christelle Gros qui s'affirmait, un Raphaël Poirée tout jeune, des juniors prometteurs tels Sandrine Bailly et Vincent Defrasne. Nous avons structuré une nouvelle équipe d'encadrement avec des entraîneurs comme Christian Dumont (aujourd'hui patron du biathlon, NDLR), Pascal Etienne, Jean-Paul Giachino, Christophe Vassalo, Bruno Clément.

Jean-Pierre Amat, champion olympique de tir à Atlanta en 1996, est arrivé en même temps que moi pour travailler dans cette équipe. Nous avons bossé d'arrache pied tous ensemble et les résultats sont revenus en Coupe du Monde. La réussite est due à une équipe d'encadrement compétente et soudée, et aussi , et surtout à des athlètes très motivés qui font admirablement bien leur métier. Un amalgame... détonnant, car cela ne s'est jamais passé dans la douceur. Mais nous avons pris les problèmes de front. Notre système d'évaluation et de détection s'est montré pertinent puisque tous les deux ans, nous arrivons à « sortir » un jeune. Intégrer des gens de valeur dans un système sérieux nous a permis d'avoir des bons résultats. Il n'y a pas une base très large, pas un gros volume d'athlètes, mais une bonne « production ». Nous sommes montés sur les podiums à Salt Lake City en 2002, mais pas autant qu'on aurait pu l'espérer. Dans les championnats du monde suivants, et en Coupe du Monde, cela a été un véritable feu d'artifice.

Qu'avez-vous fait ensuite ?
Après les Jeux de Salt Lake City, Gérard Rougier, le DTN, m'a propose de prendre en charge tout le ski nordique. Il a fallu se pencher sur le saut et le combiné nordique, qui étaient en perte de vitesse. Le ski de fond a progressé. Il y a eu un recadrage au niveau des équipes, quelques boulons à serrer, mais en même temps, j'ai voulu laisser travailler un entraîneur comme Roberto Gal, qui faisait un excellent boulot avec les fondeurs, et aussi, redonner confiance à tout le monde. Il fallait rediriger le tout vers la performance de haut niveau. Cadrer les besoins des meilleurs.

Vincent Vittoz a gagné fin 2002 sa première épreuve de Coupe du Monde. Il y eu une véritable montée en puissance, mais pas grâce à moi, grâce à la continuité du travail qui avait été commencé. Le biathlon a continué à performer, le ski de fond s'est affirmé, et pour le saut et le combiné nordique, nous avons posé des bases mais elles doivent encore être consolidées. Avec Eric Lazzaroni, Nous avons également travaillé pour que pôle France de Prémanon dans le Jura voie le jour, pour tout le ski nordique.

Et aujourd'hui, la logistique, le matériel... quelle est votre tâche ?
Au printemps 2004, j'ai souhaité passer à autre chose, tout en restant à la fédération. On m'a proposé cette charge au sein de la DTN. Cela me permet de continuer à travailler avec les équipes de France, dans un cadre très technique. Cela va de la gestion du parc de 85 véhicules jusqu'aux tenues, radio, téléphones, hébergements, tous les besoins.

Il faut démarcher les fabricants, consulter, commander, suivre les livraisons, dispatcher, contrôler, entretenir. Pour les Jeux de Turin, je travaille en relation avec le CNOSF pour toutes les questions se rapportant à la logistique. Ma première tâche a été de trouver avec le CNOSF des hébergements pour les athlètes et l'encadrement qui logeront en dehors des villages olympiques, à Pragelato, San Sicario, Sauze l'Oulx. La charte du CIO impose en effet de loger des personnels dans un ratio précis en dehors des villages.
Il a fallu choisir, suivre l'état d'avancement des travaux et faire remonter tous les besoins vers le CNOSF.

Comment le matériel transitera-t- il ?
Finalement, le fait que l'évènement se passe de l'autre côté de la frontière française, et que donc, beaucoup de matériel et de personnes vont transiter par la route, pose plus de problèmes que pour des Jeux lointains. Au moins, dans ce cas, il y a des avions qui partent à telle heure, qui arrivent à telle heure. Tout est réglé. Alors que là, pour toutes ces allées-venues, il va falloir être rigoureux.
Chaque équipe va voyager avec son matériel, il faudra les accueillir, leur fournir le permis de circuler dans le périmètre olympique, trouver un maximum de fluidité et être très précis dans le timing. Mais tout cela sera piloté et cadré par l'équipe du CNOSF qui a un savoir faire unique et au sein de laquelle je vais travailler en février 2006 pour les JO.