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Jean-Pierre Vidal : "Stop at the top"

Le 29/12/2005

Park City, 23/02/2002, le jour de gloire...
Park City, 23/02/2002, le jour de gloire...
Park City, 23 février 2002 – Sestière, 25 février 2006. Entre ces deux dates, la première, celle de son titre olympique du slalom remporté devant son compatriote Sébastien Amiez, et la deuxième, celle de l'épreuve nocturne des Jeux de Turin sur la piste Giovanni Agnelli, Jean-Pierre Vidal n'a jamais dévié de son objectif.

«Je n'ai pas disparu de la circulation ! Je me suis maintenu dans le top 15 mondial durant ces quatre saisons de Coupe du Monde. Après ma médaille d'or de Salt Lake City, je savais que ce serait dur de rester au plus haut niveau. Le ski, et surtout le slalom, ça se joue à rien. Dès que les sensations sont un peu moins bonnes, la régularité s'en ressent. Mais mon plan était sur les quatre ans! Etre prêt pour ce nouveau défi olympique, remonter en puissance, arriver frais, ne pas rester sous pression. C'est peut-être préférable d'être en retrait pour se présenter le jour J avec plus de motivation. Je suis tranquille, on ne me tourne pas autour. La pression médiatique est parfois gênante, car après une médaille d'or, quand on se classe 10e d'une épreuve, ça n'est pas considéré comme un bon résultat. Et pourtant, 10e, on n'est pas loin des trois meilleurs. Et je le répète, je n'ai cessé de suivre mon plan de carrière. Etre présent, et bien présent à Turin».

«Pas de titre à défendre, mais un titre à aller chercher!»

«Jipé» s'est ainsi appliqué «à tout mettre en place pour avoir l'état d'esprit nécessaire, ce petit grain de folie, dédramatiser l'evènement pour être capable de se surpasser. D'ailleurs, je ne vais pas aux Jeux pour défendre un titre. J'y vais pour aller le chercher !» Avec un atout dans son jeu : «Un avantage psychologique car la médaille d'or, je l'ai déjà, c'est fait, on ne pourra plus me l'enlever. Quand ce sera chaud, en deuxième manche, j'aurai peut être cette sérénité que d'autres n'auront pas».

Jean-Pierre Vidal en action à Madonna Di Campiglio
Jean-Pierre Vidal en action à Madonna Di Campiglio
Après un début de saison réussi, ponctué notamment par une 5e place en nocturne à Madonna Di Campiglio le 12 décembre dernier, Jean-Pierre Vidal note : «Je suis actuellement en pleine possession de mes moyens. Je me fais plaisir sur les skis. Mon but est de reproduire sur l'ensemble d'une épreuve ce que je suis capable de faire sur certaines portions, sur une manche comme à Madonna où sur le second tracé, je signe le 2e chrono à 2/100e de secondes du vainqueur Giorgio Rocca. Je sais donc que je suis capable de le faire. Je dois maintenant régler tous les petits détails qui me permettront d'être à 200%, à bloc, de tout lâcher sur les deux manches».

Comme l'ensemble des skieurs français, Jean-Pierre Vidal considère que les Jeux de Turin se disputeront «à domicile. Chez moi, à La Toussuire, je suis à 40 minutes de voiture de Sestrière». Ainsi, puisque sa compétition a lieu au 15e et avant-dernier jour des Jeux, il sait déjà comment il gérera son temps. «J'irai à la cérémonie d'ouverture. La première semaine, je compte en profiter un maximum, aller voir les épreuves qui m'intéressent, et surtout, me mettre dans l'ambiance, m'imprégner de l'esprit olympique. Capter l'énergie positive. Ensuite, je retournerai de l'autre côté de la frontière pour me préparer. J'irai chercher la tranquillité, rentrer dans une bulle. Il ne faudra surtout pas dépenser d'énergie, et rester le plus calme, le plus serein possible». Pour produire un grand spectacle sous les projecteurs. «Ah, les slaloms en nocturne, j'adore ça et ça me réussit plutôt bien ! C'est aussi très bon pour le public!»

Le champion olympique 2002 se plait dans une équipe de France de slalom «où le niveau monte, il y a des jeunes qui arrivent et qui poussent. Mais nous n'avons pas beaucoup de moyens. Si je compare avec la Formule 1, où l'on sait que ceux qui ont la plus grande puissance financière parviennent à s'imposer, alors je dirais que l'Autriche est la grosse écurie. Pour notre part, nous devons trouver plus de moyens. Le sport de compétition est devenu tellement précis qu'un athlète ne peut plus réussir tout seul. Il faut une importante logistique, matérielle et humaine, autour de lui».

«Stop at the top»

Après ce qu'il espère être une véritable apothéose, Jean-Pierre Vidal arrêtera sa carrière sportive. «Je fais du sport pour le plaisir. Mais la compétition au plus haut niveau devient trop dure pour mes genoux, si souvent blessés. J'ai envie de continuer le sport, mais sans la douleur, et la "compèt'" devient un peu trop extrême pour mes cartilages abimés. Le sport pour être libre, créatif, comme en surf des mers, où je me fais plaisir sans qu'il soit question d'un résultat au bout. Ca ne change rien et c'est aussi bon!
Je suis prêt à passer bientôt à autre chose, à l'orée de mes 30 ans. Je veux m'arrêter à mon maximum, puis prendre le temps de réussir ma reconversion. Je m'associe au projet "born for sport" qui consistera à lancer un club de sport via internet et proposer tout un tas de choses à des prix très attractifs.»
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Avant cela, il y a cette épreuve olympique que Jean-Pierre Vidal aborde avec une devise : «stop at the top!».
S'arrêter au sommet....