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L'argent du bonheur pour Joël Chenal

Le 20/02/2006

Joël Chenal, 32 ans, a remporté la médaille d'argent du slalom géant, lundi à Sestriere. C'est le premier podium français dans cette discipline depuis l'or de Jean-Claude Killy à Grenoble en 1968. Parti avec le dossard n°20, 2e de la première manche, le skieur de la Rosière a finalement été devancé d'un rien (7/100e) par l'Autrichien Benjamin Raich et est monté sur le podium devant Hermann Maier. Un magnifique exploit.

Il fallait croire en eux. Il fallait croire dans ce groupe «France» de Géant, meurtri par la disparition brutale de son entraîneur, le Piémontais Severino Bottero, en sa force collective, en son envie de réussir quelque chose de grand aux Jeux. En l'émulation aussi, née de l'arrivée au sommet de Thomas Fanara.

Joël Chenal, 32 ans, a remporté lundi 20 février au bas de l'exigeante et longue «Sises» de Sestriere, une piste pour les gros cœurs, la première médaille olympique française dans cette discipline depuis la victoire de Jean-Claude Killy à Grenoble en 1968. Il n'a été battu que de 7/100e par l'Autrichien Benjamin Raich. Il a devancé Hermann Maier.

Son secret ? «Je me suis régalé !» Le skieur de la Rosière s'est fait plaisir dans la première manche, quand, parti avec le dossard n°20, sur un tracé où la glace affleurait sous la neige fraîche, et au terme d'un parcours très propre, agressif, fluide, il s'est installé en 2e position, à 19/100e du Canadien François Bourque, 3/100e devant Maier, 15/100e plus rapide que Raich.

«Au niveau de la neige, la piste est très difficile à skier avec ce plat au milieu où on a l'impression qu'on peut se reposer mais où il faut beaucoup travailler pour garder de la vitesse. Cela me tenait à coeur depuis un bon moment de sortir une bonne première manche, car je fais souvent de bonnes 2e manches et là, j'y suis allé pour gagner», a expliqué "Jo" Chenal, qui disputait à Turin ses troisièmes Jeux.

Il restait le seul Français dans le coup. Piégé par la glace, Thomas Fanara était sorti du tracé, Gauthier de Tessières aussi, Raphaël Burtin avait commis trop de fautes et naviguait à plus de 4 secondes des premiers.

"Je ne m'y attendais pas"

«Franchement, je ne m'y attendais pas. Je skiais bien ces derniers temps. On se tirait de ‘sacrées bourres' avec Thomas Fanara. Il fallait juste le refaire en compétition». Fort de son expérience, de ces 11 années passées sur le circuit Coupe de monde, faites de hauts (victoire à Alta Badia en 1999 devant Hermann Maier, trois autres podiums en slalom géant en 2000 et en 2003) et de bas, Joël Chenal a tenu son rang dans la 2e manche, là où tout pouvait se perdre.

"Jo" a encore skié juste sur le second tracé, et compté jusqu'à 37/100e d'avance sur Benjamin Raich au 2e chrono intermédiaire. Il s'est juste un peu retenu sur les dernières portes tout en gardant des trajectoires très tendues pour signer le 2e temps de la manche à 27/100e du nouveau champion olympique. Soit, sur les deux manches, cet infime écart qui suffit largement à son bonheur.

«Je suis le plus heureux des hommes. 2e aux Jeux, c'est ce que je pouvais rêver de plus beau. Médaille d'argent derrière "Benni" qui fait une super 2e manche, devant Maier comme il y a 7 ans à Alta Badia, c'est super. Je veux en profiter un maximum».

Le 2 janvier dernier au petit matin, sur l'autoroute blanche, entre Sallanches et Cluses alors qu'il rejoignait son groupe en stage à Bernex (Suisse), Severino Bottero avait été victime d'un accident mortel. Tout le groupe était prêt à honorer sa mémoire de la plus belle façon lors de ces Jeux qui allaient se dérouler dans sa région.

«Severino a été présent en nous depuis le début. C'était son objectif, ces Jeux chez lui. Je le voulais, ce podium, pour ma famille, et pour "Seve" qui avait tant travaillé avec nous. On avait fait tant de belles choses avec lui ! C'est le plus bel hommage que je pouvais lui rendre».