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Jean-Pierre Vidal absent, les Bleus malheureux

Le slalom olympique des Jeux de Turin s'est disputé samedi 25 février sans Jean-Pierre Vidal, le tenant du titre obtenu en 2002 à Salt Lake City. En son absence, les Français ont été bien malheureux. Stéphane Tissot a enfourché la deuxième porte sur le premier tracé, Jean-Baptiste Grange est sorti sur le second, et Pierrick Bourgeat, 11ème, a concédé 2"34 au vainqueur Benjamin Raich, l'Autriche réussissant à cette occasion un triplé exceptionnel, avec les médailles d'argent et de bronze attribuées à Reinfried Herbst et Rainer Schoenfelder.

Eliminé d'entrée, le Megèvan Stéphane Tissot, a déclaré : «Entre hier et aujourd'hui, avec l'accident de Jean-Pierre, on n'a pas eu de chance. Pour ma part, j'ai enfourché dès la deuxième porte. C'est dommage parce qu'on s'était super bien entraînés. On a une soixantaine de portes à passer et, quelques fois, on se retrouve du mauvais côté à quelques centimètres près...»

"Jipé" arrête sa carrière le jour de ses 29 ans

Jean-Pierre Vidal lors de sa victoire à Kitzbüel le 22 janvier dernier
Jean-Pierre Vidal lors de sa victoire à Kitzbüel le 22 janvier dernier
Superbe vainqueur à Kitzbühel il y a un mois, et considéré comme l'un des grands favoris du slalom olympique, Jean-Pierre Vidal, victime d'une chute dans de mauvaises conditions de visibilité, s'est fracturé l'avant-bras gauche en faisant du ski libre à Sestriere, la veille de la course. Cette blessure nécessitant plus d'un mois d'immobilisation, il a annoncé, le jour de ses 29 ans (il est né le 24 février 1977), qu'il mettait un terme à sa carrière. Le champion olympique, qui a regagné le soir même sa résidence à la Toussuire, sera opéré lundi 27 février à Chambéry par le Docteur Jean-Pierre Urien.

«tout a basculé en une seconde»

Le temps était en effet très mauvais vendredi sur Sestriere. Dans le mur du bas de la piste "Sises" libérée par les géantistes féminines, une pente parallèle à la «Giovanni A.Agnelli», les slalomeurs s'entraînaient. Non pas sur des parcours piquetés, mais en ski libre, pour s'échauffer, tâter le terrain, se préparer à la grande compétition du lendemain.

Le terrain était marqué par le géant dames disputé à peine deux heures plus tôt. «J'ai fait une première descente, ça s'est très bien passé. Puis une deuxième, quand soudain, j'ai pris un trou. Mon ski gauche est parti vers l'avant, je me suis bloqué le bras dans le trou en tombant. Je me suis dit 'c'est pas possible'. J'ai continué à descendre et j'ai vu que je ne pouvais plus le bouger», a-t-il raconté. «Je me suis cassé le bras 24 heures avant le jour-J, c'est le sport de haut niveau. Tout a basculé en une seconde. C'est incroyable.».
Au village olympique, les examens allaient révéler une fracture de la tête radiale de l'avant-bras gauche.

«Une nouvelle vie sans chrono»

Salt Lake City, le 23/02/2002 : le doublé avec Sébastien Amiez
Salt Lake City, le 23/02/2002 : le doublé avec Sébastien Amiez
Jean-Pierre Vidal avait pour devise "stop at the top", car il était décidé à arrêter le haut niveau à la fin de la saison, après ce dernier défi olympique. «Ma carrière s'arrête le jour de mon anniversaire avec le bras gauche cassé» a-t-il remarqué. Depuis le début de l'hiver, sa montée en puissance, tendue vers un seul objectif, réussir une belle performance aux Jeux de Turin, avait été constante. Jusqu'à cette victoire à Kitzbühel le 22 janvier dernier.

«J'avais tout ce qu'il fallait pour battre les meilleurs. J'arrivais avec la meilleure préparation possible. Je venais de l'apprendre, j'avais le dossard n°2, c'était idéal. Le destin en a voulu autrement. Je pars avec une médaille d'or et la victoire de Kitzbühel, Une nouvelle vie commence sans chrono».