Bruno Mingeon Raphaël Poirée Carole Montillet Brian Joubert Doriane Vidal Vincent Vittoz
Le guide de l'athtète
Le guide anti-dopage

Le site du CNOSF
Historique des jeux olympiques d'hiver > Calgary 1988 >

Calgary 1988 : le fait

1924


1932


1948


1956


1964


1972


1980


1988


1994


2002



Le drame de Dan Jansen

Pour ceux qui y participent, les Jeux sont une fête. Mais pour certains, ils peuvent rester pour toujours un souvenir douloureux. Ainsi, Dan Jansen n'oubliera jamais Calgary (photo).

Le voudrait-il d'ailleurs qu'il ne le pourrait pas. Décrite des milliers de fois par la presse, son histoire est l'une des plus connues du sport américain.


Quand Dan Jansen arrive à Calgary, ce solide patineur de 22 ans, benjamin d'une famille de neuf enfants, est l'un des favoris du 500 et du 1000 m. Il vient de gagner les Championnats du monde de sprint une semaine avant les Jeux.

Il est venu aux Jeux alors que sa soeur de 27 ans, Jane, qui lutte contre la leucémie depuis un an, est au plus mal. Au début de sa maladie, Dan a envisagé d'abandonner le patinage pour rester près d'elle, mais sa soeur, qui avait même projeté de venir l'encourager à Calgary, l'en a dissuadé.

Dan est déterminé à réussir une grande performance. Pour sa soeur d'abord. Pour toute la famille aussi, une famille qui baigne dans le patinage de vitesse.

Les Jansen habitent tout près de la patinoire de West Allis dans la banlieue de Milwaukee. Enfant, Dan y a usé ses premières paires de patins. Son frère Mike patine aussi pour les Etats-Unis.

Dimanche, 6 heures du matin, le téléphone sonne. On lui passe Jane. "Elle était encore en vie, elle m'entendait, mais elle ne pouvait plus me parler, raconte-t-il. Je lui ai parlé. J'étais heureux. J'ai rappelé quelques heures plus tard. On m'a dit que c'était fini."

Prostré
Partir immédiatement pour le Wisconsin, il ne l'envisage pas réellement. "Depuis sa maladie, elle m'avait fait promettre de faire les Jeux quoi qu'il arrive. J'étais décidé à donner le meilleur de moi-même."


C'est donc au nom de Jane, mais totalement bouleversé, qu'il aborde le 500 m, en fin d'après-midi. Son corps est sur la piste, son esprit dans le Wisconsin. Il commet un faux départ. Le second est le bon mais, au premier virage, c'est la chute. Courant à la corde, son patin extérieur dérape, Dan Jansen part en glissade sur le côté gauche et entraîne le Japonais Yasushi Kuroiwa dans sa chute.

Il se relève, blême, incrédule. Les larmes aux yeux, il regagne son banc au centre de la piste. Longtemps, il reste prostré, le visage dans les mains, agité de sanglots (photo 1).



Quatre jours plus tard, il court le 1000 m. Il l'avait aussi promis à Jane. Nouvelle chute (photo 2). Il rentre aussitôt dans le Wisconsin à bord d'un avion spécial mis à sa disposition par une société d'aviation, sponsor du Comité olympique américain.

Le samedi, il assiste aux obsèques de sa soeur.



Aux Jeux de Lillehammer, en 1994, lors de sa huitième et dernière course olympique (photo 3), Dan Jansen monte pour la première fois sur un podium olympique. Sur la plus haute marche (photo 4). Alors que les dernières notes de l'hymne américain flottent encore dans l'anneau olympique, il adresse un geste vers le ciel. Vers Jane.